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Sur la piste des noms Episode13 Tatamagouche - Les Dugas

Notre arrivée à Tatmagouche se fit sur les vestiges d’un ancien quai qui se trouve entre l’embouchure des deux rivières qui se croisent devant le village. D’ailleurs, selon certains, le nom même de Tatmagouche voudrait dire en Mik’maq « lieu où deux rivières se croisent à angle droit ».

Pour nous guider dans cette région où la population acadienne n’est plus présente, nous avons eu recours à un historien de la région de Moncton, Régis Brun, qui est l’auteur de plusieurs livres sur l’histoire populaire de l’Acadie, dont son tout dernier Les acadiens avant 1755. Régis est aussi chercheur au Centre d’études acadiennes de l’Université de Moncton. Il était donc sur le quai pour nous accueillir et nous parla d’abord du fait que, par sa situation géographique, la région avait toujours été un endroit de passage. Il nous mentionna d’ailleurs que l’île qui était juste devant nous aurait servi de cimetière au Mik’maq. Pour en savoir plus sur la présence acadienne dans la région, Régis nous proposa de se rendre au musée local.

Nous nous sommes donc rendus au Musée de la Sunrise Trail où Régis avait donné rendez-vous à Norris Whiston, un historien amateur de la région qui allait nous accompagner pour le reste de notre séjour. Les deux nous parlèrent de l’établissement acadien de Tatmagouche qui plutôt qu’un véritable village avait toujours été un poste de communication. Effectivement, Tatmagouche se trouve à la sortie sur le Détroit de Northumberland d’un sentier qui, à son autre bout, débouche à l’ancien établissement acadien de Cobéguit et, donc, à la Baie de Fundy. Ce sentier servait donc à relier la Nouvelle-France et l’Ancienne Acadie ainsi que la Nouvelle -Angleterre. Comme nous posions des questions à M. Whiston sur la bataille navale de Tatmagouche, il nous proposa, pour en parler, de se rendre non loin d’où la bataille avait eu lieu.
Sur la berge de la baie où la bataille avait eu lieu, les deux historiens nous expliquèrent qu’en ces lieux une force expéditionnaire Française et Acadienne, accompagnée d’alliés Mik’maq qui se dirigeaient en canoë vers Louisbourg pour porter secours à la forteresse attaquée par les Anglais, avait été surprise et prise en chasse par une escadre de vaisseau de guerre de la Nouvelle-Angleterre. Vu la légèreté de leurs embarcations, les Français purent éviter leurs ennemis en se réfugiant sur les hauts fonds de la baie. Par contre, cette bataille, où aucun sang ne fut versé, eu quand même des conséquences pour l’histoire du Canada car Louisbourg, privé de ses secours devait tomber quelque temps plus tard, ce qui ouvrit la porte à la chute définitive de la Nouvelle-France quelques années plus tard.

M. Whiston nous amena ensuite à l’embouchure de la Rivière Française qui était aussi le lieu où se terminait le sentier allant de Tatmagouche à Cobéguit. Il nous expliqua comment il base ses recherches historiques sur les comptes rendus ou relations de voyage de divers personnages qui empruntèrent cette piste à l’époque. M. Whiston nous dit aussi que certains Acadiens s’étaient établis le long de la piste et nous invita à le suivre pour faire la découverte d’un de ces emplacements.

La lecture d’extraits de ces fameuses relations, dont M. Whiston se sert pour redécouvrir l’histoire de la région, nous donna l’occasion de nous transporter, en quelque sorte, à l’époque. Régis nous parla ensuite des activités des Acadiens qui s’étaient établis dans la région. Ici, comme ailleurs, une des ressources importantes était de petits moulins pour moudre le grain. Aucun de ces édifices n’ont échappé au temps et aux destructions de la déportation, mais M. Whiston nous invita à aller visiter un moulin à eau tout proche qui, même s’il date d’une époque plus récente, pourrait nous donner quand même une idée de ce qu’aurait pu avoir l’air un moulin acadien au 18ième siècle.

En arrivant au musée, comme je m’étais faufilée à l’avant et j’étais donc à l’intérieur du moulin, alors que mes compagnons l’admiraient encore de l’extérieur, j'en ai profité pour jouer une petite scène du balcon avec Marcel. Après que tous m’aient rejoint à l’intérieur, nous avons assisté à une démonstration impressionnante du fonctionnement du moulin. Par la suite, nos guides nous parlèrent de comment se déroulait la vie quotidienne de nos ancêtres dans la région. Enfin, comme il savait que personne dans la région ne pourrait nous parler en détail de la généalogie des Dugas, et en particulier de celle de Jeanne Dugas, Régis Brun nous avait amené un CD sur lequel Stephen White, le grand généalogiste acadien, nous avait préparé un exposé justement sur cette famille.

Il nous fallut donc attendre notre retour sur la Goélette pour écouter Stephen White nous raconter l’historie des Dugas et tous spécialement celle de Jeanne Dugas qui, dans la deuxième partie du 18ième siècle, a parcouru l’Acadie de long en large durant sa longue vie, s’étant arrêtée pour d’assez longues périodes, à plus de huit endroits. Enfin, comme M. White savait que ce séjour à Tatmagouche serait le dernier pour notre présent voyage, il fut assez gentil de nous offrir en cadeau une généalogie de nos familles respectives.

Ainsi, après avoir exploré l’histoire des toutes ces familles acadiennes dans treize localités de la Nouvelle Écosse, nous pourrons nous reposer un peu en étudiant la nôtre.

Titre: Sur la piste des noms Episode13 Tatamagouche - Les Dugas
Langues: Français Durée: 30 min
Diffuseur: TV5 Canada
Producteur: Jean-Claude Bellefeuille
Scénario: Ivan Vanhecke
Réalisation: Roger Leblanc