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Sur la piste des noms Episode11 Chéticamp - Les Aucoin

C’est par une journée de bons vents que nous sommes arrivés à Chéticamp. Notre lieu de rencontre avec notre guide pour la journée était juste à côté du port de pêche et notre petit zodiac a du se faufiler entre tous ces gros bateaux que le mauvais temps avait retenus à terre. Mais ce n’était pas des vents contraires qui allaient nous empêcher de rencontrer Charlie Dan Roach, enseignant à la retraite qui se passionne pour l’histoire et la généalogie de son coin de pays. D’ailleurs, dès notre rencontre, le temps sembla vouloir s’améliorer et c’est sous des percées de soleil que M. Roach nous raconta comment Chéticamp avait été fondée par des Acadiens qui cherchaient un coin de terre où se refaire une vie après les multiples mésaventures occasionnées par la déportation.

Alors que nous marchions sur le quai, en écoutant M. Roach, Marcel fut salué par un capitaine pécheur Léopold Chiasson qui, avec son fils Steven, lui offrirent de sortir en mer avec eux. Marcel, toujours près pour une nouvelle aventure est donc parti avec eux dans l’espoir d’en découvrir un peu plus sur comment la vie des pêcheurs se passe dans la région.

Pour ma part, je me retrouvais avec M. Roach à un endroit appelé le Platin, qui aurait été le lieu d’établissement des premiers Acadiens ayant colonisé la région. On y a élevé un monument à ces « quatorze vieux », comme on les appelle dans la région, qui étaient, en fait, les chefs des quatorze familles fondatrices. Et parmi ceux-ci il y avait bien sûr des Aucoin auquel M. Roach s’est d’ailleurs trouvé un lien généalogique. Mais, on ne peut pas parler de la fondation de Chéticamp sans parler de la compagnie des Robins. Ces commerçants des Îles Jersey, donc, de langue française mais de nationalité Britannique, jouèrent un rôle excessivement important dans le développement de la pêche un peu partout sur la côte Atlantique du Canada au 18ième et 19ième siècle. Et, même encore aujourd’hui on peut voir des vestiges de leur empire commercial.

Mais, c’est sur de véritable vestiges, soit les ruines d’un important édifice qui servait aux Robins de quartier général sur l’Île de Chéticamp, que M. Roach nous parla de l’influence de ceux-ci sur le développement de la région. Plusieurs voient les Robin comme des ultras capitalistes qui exploitèrent ici comme ailleurs les Acadiens. Mais, pour sa part, M. Roach prend une position un peu plus nuancée. Sans excuser les excès d’un système qui reléguait bien souvent les travailleurs à une relation presque d’esclavage, il soutient que c’est le développement économique favorisé par les Robins qui amena d’abord les Acadiens à s’établir dans la région. Et, d’autre part, que les efforts faits par la suite pour se sortir de cette relation de servitude donnèrent aux gens de la région l’impulsion pour créer les multiples coopératives qui y sont omniprésentes de nos jours.

De son côté, Marcel se retrouvait avec Léopold Chiasson sur les eaux tumultueuses du Golf du St-Laurent. Ce fut l’occasion d’apprendre comment la pêche a changé depuis les quelques trente dernières années que M. Chiasson pratique et aussi d’essayer de comprendre quelles sont les perspectives pour cette industrie qui a connu des temps difficiles dernièrement. Pendant que Marcel revenait au quai pour une deuxième fois ce jour-là, je me retrouvais avec M. Roach au Centre Culturel les Trois Pignons. Le lieu, qui abrite à la fois un musée, un centre d’information touristique, un studio de radio et d’enregistrement ainsi qu’un centre de recherche généalogique, symbolise bien comment les gens de la région savent mettre leurs ressources en commun pour en faire profiter l’ensemble de la communauté. C’est ici que M. Roach me fit part de ces recherches sur la famille Aucoin et m’apprit comment Joseph Aucoin, caboteur de son métier et un des fameux « quatorze vieux », aurait adopté son propre ancêtre Cyriaque Roach.
Entre temps, Marcel s’était aussi rendu au Centre les Trois Pignons pour y rencontrer Angus Lefort, directeur de la radio communautaire local qui a ses studios dans le sous-sol du centre. Angus est aussi un technicien de son extraordinaire qui a favorisé l’implantation d’un studio d’enregistrement qui n’a rien à envier à ce que l’on peut retrouver dans de bien plus grands centres. Chéticamp est d’ailleurs reconnu pour la qualité et la quantité de ses musiciens.

Un étage plus haut, Lisette Cormier, la directrice du Centre culturelle les Trois Pignons, me fit visiter le musée du centre, qui met en valeur, entre autres, encore une autre des grandes spécialités de la région - les tapis hooké.

Marcel nous ayant rejoint, nous eurent ensemble le plaisir de rencontrer avec Lisette Mme. Marie-Claire Doucette qui travaille présentement sur un énorme tapis mettant en vedette quoi ? Et oui, un arbre généalogique sur les familles fondatrices de Chéticamp.
Comment mieux terminer notre journée de recherche à Chéticamp ?

Et bien… peut-être en participant à une activité musicale communautaire en soirée où Marcel eut l’occasion de partager, non seulement des paroles, mais aussi quelques notes avec les fameux musiciens de Chéticamp.

Titre: Sur la piste des noms Episode11 Chéticamp - Les Aucoin
Langues: Français Durée: 30 min
Diffuseur: TV5 Canada
Producteur: Jean-Claude Bellefeuille
Scénario: Ivan Vanhecke
Réalisation: Roger Leblanc